l'injonction à toujours faire sens

Que l'on parle de nos vies natatoires pros ou persos, la question du sens semble omniprésente, quasi incontournable.
Une information passe aux infos / sur les réseaux ? BAM, on attend de toi d'avoir une opinion sur le sujet.
Tu as envie de changer de ligne de nage ? BAM, on te demande tout de suite ce que tu envisages de faire « après » alors que la seule chose à laquelle tu rêve, c'est d'une (petite) pause pour prendre le temps de décanter tes envies et besoins.
Avec la rapidité à laquelle semble passer le temps aujourd'hui, on a souvent l'impression de devoir réagir « dans la minute », quitte à saturer notre cerveau et prendre de « mauvaises décisions ».
Parfois, s'arrêter est la meilleure solution. La pause est, de facto, essentielle pour récupérer, faire le point sur son parcours de nage et préparer la suite.
Par extension, en situation d'urgence et/ou de crise, on est pressé·e par son environnement pour réagir, faire un choix et (potentiellement) s'engager. Idem lorsqu'en fin d'études ou en début de vie professionnelle, on nous enjoint à choisir une ligne de nage sans même prendre le temps d'y penser. « Pour éviter les trous sur le cv ». C'est en partie pour cela que des nageuses comme Aline ou Marine m'ont dit préférer d'abord prendre le temps pour elles, apprendre à faire sens à niveau individuel avant toute autre chose.
C'est cette vision que j'ai essayé de représenter dans cette pyramide du senss pastichant celle de Maslow → faire sens à son échelle pour faire infuser ses idées dans sa swimming team puis à plus grande échelle 👇
Pour Charline, pouvoir s'octroyer ce temps de réflexin est l'expression un privilège quand le temps presse pour d'autres populations – discriminées. Celles-ci ne peuvent s'offrir le luxe de faire le pélican sous la menace directe. Dans ce cas, faire corps en swimming team est essentiel pour répondre et se rassurer. Car, comme en orientation, faire front seul·e à une crise/urgence stresse beaucoup plus qu'entre nageur·ses.
 
« C’est intéressant » commente Camille (du compte @travailenquestion), pour qui le sens est un sweet sp'eau't la croisée des lignes de nage individuelles, collectives et globales, à l'instar de l'ikigaï. « Je me retrouve dans les deux et je crois que quand j’y pense je visualise bien ces trois éléments en cercles qui s’entrecroisent avec le sens qui finalement se trouverait pour moi au centre de ces trois cercles (penser en solo / en communauté / à l’échelle globale »
 
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Personnellement, jai pas d'avis sur la question car je me retrouve (étrangement) dans les deux modes de fonctionnement. J'ai compté sur le support de mes co-swimmers en réalisant la dernière plouf-letter. Pour autant, si j'ai besoin de ce soutien, je suis très frileuse face aux mouvements de foule et opinions dits « par affiliation » au détriment d'une approche individuelle et critique (dans la piscine de l'orientation et/ou militante), d'autant plus aujourd'hui, à l'heure des réseaux sociaux jouant sur notre biais de confirmation.
J'aime à penser le sens un peu comme des quotas où, en fonction de notre santé physico-mentale, temps à allouer et besoins immédiats, le sens prend plus ou moins de place dans notre réflexion.
Quoiqu'il en soi, que l'on parle d'une pyramide ou d'un cercle vertueux, le plus important est de crawler dans une direction qui nous corresponde 🐋
 

aller plus loin

👉 Le compte instagram et le site Dear Lobbies. Le but de Roxane est de questionner nos récits et développer notre esprit critique
👉 L'édition de la Plouf-letter sur la définition du sens et celle sur le sens & la crise
👉 L'épisode au bord du bassin avec Camille où l'on parle de l'injonction au sens dans notre vie natatoire professionnelle
 
 
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Tu es en phase de changement et/ou tu te poses des questions sur ta transition professionnelle / perso à venir ? Viens explorer tout ça dans le programme La culbute pour swimmers paumé·es. Introspection, fun et exercices garantis
 
 

©Our Millennials Today, 2022, site par Apolline Rigaut